
Dans le ciel flottent encore quelques escarbilles qui s'évanouissent, deviennent poussière d'étoiles et disparaissent…
La foule retient son souffle, redescend sur terre. La lumière revient sur le stade. Alors, les applaudissements explosent et déferlent, non pas pour remercier ou féliciter mais plutôt pour communier, fusionner…'
Ce sont ces quelques secondes d'éternité qui sont le vrai salaire de l'artificier.
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A mesure que le crépuscule descend sur la ville, les routes qui desservent le stade sont de plus en plus encombrées et finissent par ressembler à des colonnes de fourmis rejoignant le même lieu où doit se célébrer … « la Grand Messe ».
Elles s'agglutinent d'un même côté du stade et de cette foule monte un grondement qui devient peu à peu un murmure quand l'heure H arrive.
De l'autre côté, il y a une petite foret de mortiers autour desquels s'agitent des ombres : ce sont les artificiers qui inspectent encore une fois si tout est bien en place. 22 heures, les lumières du stade s'éteignent et déjà monte une fusée qui éclate comme une bombe…
les éclairs et les détonations résonnent dans le ciel, comme un sprinter dans ses starting-blocks, les artifices libèrent leur énergie dans un rythme endiablé.
A grand renfort de bruit, de fumée et d'explosions de couleurs, les artifices déchirent le ciel … Le spectacle a commencé dans un vacarme d'enfer. Les yeux levés vers le ciel, la foule se tait, béate, c'est un enchantement, tout ce que les peintres du ciel ont créé est là pour séduire. Dans un silence religieux, un embrasement, une voûte étoilée, une bataille de comètes dorées ou argentées, Puis, la puissance du feu reprend ses droits, les crépitements se mêlent aux explosions et aux grandes ouvertures des belles bleues ou belles fuschia au pistil émeraude. Le bouquet final se profile en un seul point, monte progressivement, puis s'élargit, grandit, grossit, enfle jusqu'à exploser dans une succession intemporelle de milles fleurs multicolores, dans une apothéose jamais assouvie.
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